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La « procrastination », ce mal qui freine le changement

Par IML • 6 oct, 2009 • Catégorie: Expertises

FLÉAU - Cette propension à remettre toujours au lendemain les actions nécessaires enlève aux managers leur détermination et aux entreprises leur capacité d’évolution.

Dans le dernier numéro de L’Eco austral, nous avons insisté sur le fait que la dimension sociale du Développement durable était souvent occultée et que rares étaient les entreprises à s’engager dans cette voie. Certaines s’y attèlent, néanmoins, comme celles qui proposent des observatoires sociaux afin de mesurer leur climat social. Il peut en résulter des plans d’action, mais qui ne sont pas toujours mis en œuvre. On peut parler alors de « procrastination », terme plus connu par les anglophones et qui désigne le penchant à remettre certaines tâches ou même toutes les tâches au lendemain. Soyons francs avec nous-mêmes, combien, parmi nous, sont-ils happés par cette tendance ? Ne préférons-nous pas nous attaquer aux tâches plaisantes et passionnantes, et reporter toutes celles qui nous gênent, pour lesquelles nous portons un intérêt minime ? Du coup, les projets ne voient que partiellement le jour, induisant l’amertume des salariés interrogés.
À l’opposé de la « procrastination » se situent la détermination, la persévérance et la ténacité, autant de termes similaires pour illustrer cette vertu indispensable pour mener à bien tout projet. Pour parvenir à cette détermination, encore faut-il pratiquer cette autre vertu qu’on peut nommer « respect de soi et des autres »… L’envie de continuer, de persévérer et de pérenniser ne peut passer que par le respect de la parole donnée. Quoi qu’il advienne, il faut maintenir le cap et ne pas se laisser détourner, par « manque de temps », ou freiner par la présence d’obstacles. Les embûches font partie intégrante du trajet et le fait de tomber dans la « procrastination » ne rendra l’obstacle que plus ardu à franchir.

Le manager doit montrer une volonté sans failles

Prenons l’exemple d’un chef d’équipe qui restitue les résultats de l’enquête de satisfaction auxquels les employés ont répondu. Cette étude met en lumière un manque évident de communication interne. Plan d’action : il décide d’animer un brief de 10 mn tous les lundis. Pendant une, deux ou trois semaines, il remplit ses engagements, mais au bout de la quatrième semaine, une urgence le pousse à reporter le « brief » à la semaine suivante… et rebelote la sixième semaine. Du coup, l’équipe est retombée dans le schéma antérieur, déçue de constater que les actions menées après l’enquête n’ont pas abouti, par manque de détermination de leur responsable. Cela peut-il indiquer un manque de motivation de sa part ?
Sans doute, sachant que la détermination est la petite sœur de « l’auto détermination ». Nous voilà en train de pénétrer dans le labyrinthe tortueux de la « motivation », vaste sujet qui mériterait plusieurs chroniques. En gros, la détermination de chacun serait le fruit de nos moteurs internes, alimentés par nos aspirations profondes, nos croyances et la manifestation de notre ego qui reste jusqu’alors le plus difficile à maîtriser.
Être habité par une saine détermination ne peut que nous conduire à conserver le cap défini au départ, garder haleine, maintenir les efforts et l’endurance dont requiert l’exercice de notre travail. Le tout est de prendre conscience des résultats, même minimes, pour éviter de tomber dans le découragement ou l’effet « lune de miel ».
Demain, je me lève une heure avant pour préparer une note interne à tous mes employés, afin de leur présenter un nouveau projet pour le bien-être de chacun. Mais comme la soirée fut bien arrosée entre amis, le lever matinal se fait dans la douleur, ma volonté se trouve étiolée et me voilà tombé dans la « procrastination » en reportant mon projet de rédaction au surlendemain… Mes forces internes demeurent trop faibles pour user de réelle volonté et respecter les objectifs fixés.
Détermination et « procrastination » ne pourront jamais faire bon ménage. Chacun peut être convaincu du bien-fondé d’un nouveau process ou d’une pratique quelconque, mais rester déterminé et tenace dans la réalisation de ces projets exige des efforts, une volonté sans failles et une bonne hygiène de vie (alimentation, activités physiques et psychiques saines). Sans quoi la « procrastination » ne pourra être vaincue.

Olivier Malabiau
Par Olivier Malabiau
Directeur général de l’Institut Mahé de La Bourdonnais (www.institutlabourdonnais.com) à Maurice, détenteur d’une maîtrise de sciences de gestion et issu de l’enseignement Dale Carnegie Training, ce consultant et formateur s’est forgé une solide expérience d’une vingtaine d’années au sein de groupes internationaux tels que Casino, Mac Donald’s et Carrefour. Son expertise repose sur les « baromètres sociaux », le « creativ leadership » et le management. Ses activités l’ont conduit à croire fermement que la motivation des salariés et leur développement personnel demeurent des paramètres déterminants pour l’expansion économique des entreprises.

Vous pouvez faire vos remarques et poser vos questions par mail à Olivier Malabiau qui ne manquera pas d’y répondre : o.malabiau@ecoaustral.com

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